Transversalités

Les 3 ensembles de questions précédentes portées par chacune des équipes offrent un certain nombre de convergences, de points de rencontre nourrissant une réflexion à l’échelle de l’unité. De ce fait nous cherchons à développer des approches transversales, à la croisée des sciences biotechniques, humaines et sociales selon une forme qui implique un dialogue permanent entre elles. Cette hybridation est rendue possible par l’étude d’objets particuliers tels que la biodiversité, les paysages ou les terroirs, biens collectifs socialement construits mais que l’on ne peut caractériser et étudier qu’en mobilisant des sciences biotechniques en fonction des questions posées par les acteurs.

Ces trois ensembles de questions transversales jouent un rôle de ciment de l’unité et ont pour vocation à servir de base à la mise en place de l’animation transversale commune à l’ensemble de l’Unité (séminaires de réflexion, exposés, etc..) et à la mise en œuvre de projets de recherche communs à plusieurs équipes de l’Unité.

Les 3 entrées suivantes sont privilégiées :

  1. l’utilisation de l’espace (« land use »), qu’elle soit de nature extensive (comme l’élevage en zone de montagne ou de piémont) ou intensive (comme le maraîchage en zone sous influence urbaine), permet de faire le lien entre systèmes de production et territoires. D’un côté, la façon dont les agriculteurs orientent leurs productions et organisent leurs exploitations structure l’espace. De l’autre cette organisation peut produire des services éco systémiques ou générer des impacts négatifs sur le territoire qui en retour peuvent orienter les politiques publiques, elles-mêmes capables de peser sur les décisions des agriculteurs. A titre d’exemple, ce type d’approche sera mené dans le cadre du programme MOUVE concernant l’intensification écologique et qui associe des membres des trois équipes.
  2. la résilience des systèmes de production et des territoires en lien avec des enjeux environnementaux spécifiques tels que la biodiversité, les paysages ou la qualité de l’eau. Les facteurs socio-économiques actuels locaux et globaux ont des incidences sur le niveau de biodiversité, la qualité de l’eau ou des paysages des territoires ruraux et périurbains. En réaction, la société demande de plus en plus aux agriculteurs de changer leurs pratiques voire leurs systèmes pour que leur activité ait moins d’impact sur ces caractères environnementaux ou mieux encore qu’elle contribue à les améliorer. Mais ces injonctions ne tiennent pas vraiment compte des incidences sur le fonctionnement des exploitations agricoles ; réduisant d’autant les chances d’avoir un impact réel sur les objets ciblés (paysage, eau, biodiversité).
  3. le rôle de l’action collective dans les transformations des systèmes de production et des territoires ruraux et péri-urbains ainsi que sa place parmi les modes d’organisation de ces territoires. Ce dernier thème prolonge les acquis précédents sur l’action publique et les démarches participatives (par exemple dans le cadre du projet européen Seamless. Un cas particulièrement adapté, pour lequel nous disposons déjà d’acquis importants, concerne la gestion de la lutte contre certains ravageurs tels que les taupes et les campagnols, qui ont un impact important sur l’économie agricole en zone d’élevage et qui nécessitent des adaptations des systèmes de production, des coordinations entre agriculteurs et des partenariats avec les autres acteurs des territoires (chasseurs, environnementalistes, élus locaux, …) mais aussi un changement de mentalités exigeant la mise en œuvre de dispositifs participatifs.